Convoi pour Gaza

Nous sommes arrivés au Caire le 13 octobre. Jeudi 15 octobre, nous avons pu accompagner l’organisateur du convoi, Mazen Khalil, à un rendez-vous au Ministère des Affaires étrangères (MAE) avec le Chargé d’Affaires pour la Palestine, M. Hisham Seif-Eldin. L’autorisation d’acheminer le convoi par voie terrestre de Port Saïd à Rafah n’avait pas été accordée pour des raisons de sécurité nous a-t-il été expliqué. Les services de sécurité exigeaient le transport des containers par voie maritime de Port Saïd (240 km de Rafah) jusqu’au port d’El Arish (40km du passage de Rafah). Or le port d’El Arish est un petit port ne pouvant recevoir que des bâtiments de moyen tonnage. Nous avons alors proposé deux autres solutions: l’acheminement par groupes de 5 à 10 minibus et la conduite de nuit afin d’éviter les problèmes de circulation. M. Seif-Eldin nous a expliqué que si nous pouvions prouver par des attestations de compagnies maritimes de Port Saïd que l’utilisation du port d’El Arish n’était logistiquement pas possible, peut-être que les services de sécurité fléchiraient.

Sur place à Port Saïd où une centaine de militants accompagnateurs de toute l’Europe s’étaient regroupés, nous nous réunissions tous les soirs afin de faire le point sur la situation et de tenter de trouver des solutions pour faire partir le convoi. Dans les 3 jours qui ont suivi notre entretien au Caire, quatre attestations de compagnies maritimes spécifiant clairement l’impossibilité de procéder au transfert des containers par voie maritime au port d’El Arish ont été fournies et remises au MAE égyptien. Il nous a été répondu malgré tout que seule la voie maritime jusqu’à El Arish serait acceptée. La voie terrestre à partir de Port Saïd était maintenant complètement exclue. Abou Youssef, coorganisateur, nous a demandé de contacter nos ambassades respectives afin qu’elles puissent faire pression sur le MAE. Nathan a donc téléphoné à l’Ambassade suisse au Caire le 21 octobre. Il a parlé avec Mme Felder, consul, qui a rappelé le lendemain. Elle nous a expliqué que le MAE avait répondu que la décision finale ne dépendait pas d’eux mais des israéliens et elle nous a même suggéré de contacter l’Ambassade israélienne! Afin de nous rendre compte de la capacité du port d’ElArish, nous avons décidé de voir par nous mêmes. L’entrée dans le port nous a été interdite ainsi que la prise de photographie. Nous avons donc fait le tour par la plage et pris quelques clichés de loin. Il nous a semblé que la capacité du port ne pouvait faire face qu’à des bâtiments de moyen tonnage et de plus sa rade est très étroite. Il faudrait donc affréter au moins deux à trois cargos pouvant prendre un tiers ou la moitié des minibus, sans les containers, pour satisfaire les demandes des autorités. Sans parler du temps nécessaire pour décharger les containers actuels car trop grands pour des cargos de moyen tonnage, charger les véhicules sur des structures plus petites et ensuite les décharger un à un à El Arish en tenant compte de l’étroitesse de sa rade, nous ne pensons pas que les associations aient les moyens financiers pour faire face à ces dépenses supplémentaires qui seraient certainement très élevées.

Nous sommes restés deux semaines en Egypte. Trois jours au Caire et douze à Port Saïd. Chaque jour nous recevions des informations comme quoi nous devions nous préparer à partir pour Rafah le lendemain car l’autorisation était en route ! Nous sommes partis le 27 octobre sans signe de cette autorisation et elle n’est à ce jour pas arrivée. L’attitude du Gouvernement égyptien semble prendre notre groupe d’une centaine de militants accompagnateurs du convoi pour des idiots. Cette histoire de transférer les 58 containers par voie maritime de Port Saïd au petit port d’El Arish est tout bonnement un mauvais prétexte pour justifier l’injustifiable.

Il est urgent de prendre action car tout le matériel, dont les médicaments, est toujours dans les containers et la chaleur est de 38° à Port Saïd. Des militants partent et d’autres arrivent pour prendre la relève. Trois autres membres de Droit pour Tous sont maintenant venus nous remplacer. Depuis notre retour nous ne cessons de frapper aux portes pour tenter de faire bouger les choses ; certaines se ferment, d’autres s’entrebâillent mais à ce jour aucune ne s’est ouverte complètement.

Caroline et Nathan FinkelsteinTannay le 30 octobre 2009

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