Massacres de masse au XX

L’utilisationdes termes "génocides" et "crimes contre l’humanité"conduit à des débats interminables entre ceux qui s’appuient sur lesdéfinitions juridiques et ceux qui veulent s’appuyer sur les faits, encore queces derniers se divisent entre ceux qui essaient de s’en tenir aux faits etceux qui y ajoutent leur interprétation politique ou idéologique, comme sil’usage d’un terme renforçait la condamnation politique.

Unexemple en est donné avec le massacre des Arméniens en 1915. Parler de génocidesignifierait pour certains que les Turcs avaient programmé ce massacre, alorsque pour d’autres il s’agit moins d’un massacre programmé que des conséquencesde la déportation que le gouvernement turc avait organisé pour des raisons desécurité, les Arméniens étant considérés comme des alliés potentiels del’ennemi russe. La question est moins de chercher le meilleur terme que demettre en avant le fait qu’il y a eu massacre.

Onpourrait tenir un discours analogue sur le massacre des Juifs pas les nazis.S’agit-il d’une décision politique prise dès l’arrivée du nazisme au pouvoir ous’agit-il d’une conséquence de la guerre, la solution finale n’ayant été qu’unedécision de circonstance liée à l’impossibilité de renvoyer les Juifs horsd’Allemagne ou des territoires occupés par les Allemands.

Dansles deux cas cités ci-dessus, la fait essentiel est qu’il y a eu massacre, etmassacre de masse.

Leterme "génocide" est encore discuté lorsqu’il s’agit de la politiqueisraélienne à l’encontre des Palestiniens. S’agit-il d’une volonté délibérée demeurtre ou s’agit-il des conséquences de l’impossibilité d’assurer le transfertdes Palestiniens hors du territoire israélien ? On peut discuter longtemps,reste que les massacres sont là, en 1948 pour effrayer les Palestiniens et lescontraindre à partir, et pendant l’agression de Gaza, pour en finir avec leHAMAS, ce qui permet ensuite, aux souteneurs d’Israël, d’utiliser cetteexpression ignominieuse  de "dégâts collatéraux".

L’expression"massacre de masse" permet de s’en tenir aux faits et de dénoncer unepolitique qui conduit à ces faits, ce qui replace le débat sur le terrainpolitique. Les considérations juridiques viennent ensuite.

Unregard sur l’histoire du XXème siècle montre combien ce siècle a été barbare,mais aussi comment la barbarie, loin d’apparaître comme l’antithèse de lacivilisation et de la culture, s’est développée au sein de la civilisation1.C’est un point qu’il faut mettre en évidence.

Laquestion du massacre des Juifs pose une question à l’Europe. Il s’agit moinsd’une quelconque compassion envers les Juifs massacrés que du fait que cemassacre a été commis en Europe par une nation considérée, à juste titre, commel’un des phares de la civilisation européenne. Cela permet d’oublier commentcette barbarie s’est constituée et comment elle se poursuit encore aujourd’hui.

Onpeut d’abord rappeler que cette barbarie s’est manifestée avec le massacreinter-européen de la Première Guerre Mondiale. Comment la France et l’Allemagne,ces phares de  l’Europe des Lumières ont-ils pu produire la barbarie deVerdun ?

Maisle massacre n’a pas commencé en Europe . On ne peut oublier le rôle de lacolonisation et du massacre des indigènes qui l’accompagne. Massacre volontaireou massacre conjoncturel, qu’importe, il y a massacre. Comment des nationsdites civilisées ont-elles pu commettre des crimes tels que le massacre desIndiens d’Amérique2, la traite négrière ou ceux qui ont accompagné d’abord lesconquêtes coloniales, ensuite les répressions qui répondaient aux révoltes descolonisés et au mouvement de décolonisation. Dans un ouvrage sur la genèse dela violence nazie3, Enzo Traverso rappelle que cette violence s’inscrit dansl’histoire de la violence européenne contre les indigènes des colonies. Il y acependant une différence. Les massacres coloniaux sont lointains et concernentdes "barbares" qui s’opposent à la civilisation européenne ; en celails ont peu d’effet dans les métropoles qui les acceptent ou les ignorent. Lesmassacres nazis ont lieu en Europe contre des habitants de l’Europe même si ceshabitants sont considérés comme des étrangers (les Juifs sont des Asiates) oudes sous-hommes comme le clame le nazisme. C’est cela que dit Aimé Césaire dansson Discours sur le colonialisme lorsqu’il écrit 

"Ceque le très chrétien bourgeois du XXème siècle ne pardonne pas à Hitler, cen’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliationde l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc …, d’avoir appliqué àl’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que lesArabes, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique"4 

Ilfaudrait compléter, en ce qui concerne les Juifs, en rappelant que, après la seconde guerre mondiale et le massacre dontils ont été victimes, les Juifs ont été enfin reconnus comme des Européens ;cette reconnaissance s’est manifestée en partie par le soutien au jeune Etatd’Israël, ce bastion avancé de la civilisation européenne en terre barbare.Ainsi les Juifs, après avoir été massacrésen Europe , devenaient, en créant l’Etat d’Israël, les petits soldats del’Europe  aux confins de la barbarie ; une façon pour l’Europe5 de libérersa conscience. 

Ilfaut aussi rappeler, lorsque l’on parle du nazisme, un autre massacre desous-hommes, celui des Tziganes, lequel fut aussi systématique que le massacredes Juifs. L’oubli de ce massacre est significatif de la façon dont la penséechrétienne reste ancrée, en dépit de toute sécularisation, dans la penséeeuropéenne. L’antisémitisme européen, même s’il s’en distingue, prend la suitede l’antijudaïsme chrétien et les Juifs restent, jusqu’à la seconde guerremondiale, des étrangers à l’Europe. La compassion proclamée pour les Juifs nes’est pas étendue aux Tziganes qui restent, encore aujourd’hui, des parias del’Europe. Il est vrai que les Tziganes sont déjà chrétiens et que le méprisdont ils font l’objet ne relève pas de la théologie ; c’est en cela que lemassacre dont ils ont été les victimes n’a pas la même valeur, aux yeux desEuropéens, que le massacre des Juifs. 

D’autresmassacres de masse ont eu lieu depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale dontil faut aussi parler. Il faudrait ici noter les deux expressions Première etSeconde Guerre Mondiale. Pour les Européens, ces guerres sont déclaréesmondiales parce qu’européennes même si la Seconde s’est déroulée sur l’ensembledu globe avec le conflit entre les Etats Unis et le Japon. Cependant un payscomme la France , entre les deux guerres officielles que sont la guerrefranco-allemande de 1870 et la Première Guerre Mondiale qui commence en 1914,mène une guerre permanente pour construire son empire colonial. Mais comme nousl’avons déjà remarqué ces aventures guerrières, parce qu’ell
es sont lointaineset qu’elles ne mettent pas en cause le territoire national, ne sont pasressenties comme des guerres même si elles provoquent la destruction dessociétés colonisées. De même, après laSeconde Guerre Mondiale, la France reste en guerre pendant près de vingt anspour combattre les mouvements de libération en Indochine et au Maghreb.  

Peut-ondire que l’armistice du 8 mai 1945 instaure une ère de paix dans le monde.Indépendamment de la guerre froide qui met aux prises les deux nouvellesgrandes puissances, guerre qui restera froide dans la mesure où l’armement dechacun des protagonistes est suffisant pour empêcher que le conflit ne dégénèreen conflit armé6, des guerres vont se développer depuis 1945 jusqu’à nos jours.Ces guerres s’accompagneront de massacres des populations lesquels feronsl’objet d’appréciations divergentes liées aux relations entre les puissances etles Etats auteurs de ces massacres. Ceux-ci seront condamnés ou ignorés, voireniés, selon que les massacreurs sont des ennemis ou des alliés, et lescondamnations elles-mêmes varieront en fonction des changements d’alliances. Cequi importe dans les conflits c’est moins les peuples que les intérêtsgéopolitiques. On peut alors voir des retournements lorsque les intérêtsgéopolitiques changent. Ainsi le massacre des Tchéchènes par l’armée russe estdénoncé ou oublié par l’Occident en fonction de ses rapports avec la Russie. Onpourrait de même citer les Kurdes d’Irak que Saddam Hussein pouvait massacreren toute impunité lorsqu’il était un allié de l’Occident et dont le sort n’aintéressé l’Occident qu’une fois l’Irak devenu un ennemi. Notons aussi quecette forme de jugement sélectif face aux massacres et à l’oppression n’est pasl’apanage du seul monde occidental. On le voit aujourd’hui avec le Darfour dontles habitants sont massacrés par l’armée et les milices soudanaises ; ici c’estl’Occident qui dénonce les massacres. Mais cette dénonciation elle-même estbiaisée lorsqu’elle apparaît moins comme un soutien aux massacrés du Darfourque comme une arme de guerre du Nord contre le Sud. Nous renvoyons à l’ouvragede Jean Ziegler,La haine de l’Occident, dont nous donnons un compte rendu delecture en appendice à ce texte.  

Laquestion a été posée de faire un recensement des grands crimes de l’humanité.Je ne pense pas que ce soit notre objectif. A côté d’un travail historique surquelques uns des grands massacres de l’histoire et particulièrement de l’époquecontemporaine, notre propos devrait être de montrer comment ces grands crimess’inscrivent dans l’histoire. Mais, et c’est l’un des points qui me sembleparmi les plus importants, notre propos est aussi de montrer comment une formepervertie de la mémoire, ce que l’on appelle le "devoir de mémoire",conduit à trier parmi ces massacres pour des raisons purement idéologiques, àconstruire une échelle de l’horreur qui ne pourrait que renforcer ce que l’onappelle la concurrence des victimes.

Onne peut mieux résumer cette concurrence des victimes qu’en citant cette phrased’un universitaire israélien Yehuda Elkana, directeur de l’Institut d’Histoiredes Sciences et des Idées de l’Université de Tel-Aviv : 

"D’Auschwitzsont sortis de façon symbolique deux peuples, une minorité  qui proclameque cela n’arrivera plus jamais, et une majorité  effrayée et anxieuse quiproclame que cela ne nous arrivera plus jamais"7 

Ainsise heurtent deux conceptions, celle de la dénonciation d’un crime contrel’humanité  qui s’inscrit dans une vision universelle de l’homme, celle dela dénonciation d’un crime contre un groupe humain qui ne peut que conduire àla concurrence des victimes.

C’estla première conception qui doit nous guider. 

Dansles années cinquante, les peuples colonisés rappelaient aux colonisateurs quela lutte contre le colonialisme s’inscrivait dans la tradition desLumières etdes Droits de l’Homme que les colonisateurs avaient trahis. C’est ainsi quel’on peut lire le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire ou les textes deFranz Fanon. Cinquante ans après, lesanciens colonisés dénoncent dans l’idéologie des droits de l’homme une formed’impérialisme et remettent en question sa portée universelle. Que s’est-ildonc passé pour un telle transformation ? C’est cette question qu’aborde JeanZiegler dans son dernier ouvrage au tire significatif : La Haine de l’Occident,cette haine s’adressant sans discernement à tout ce qui vient de l’Occident.

Zieglercommence par une anecdote. Haut fonctionnaire de l’ONU, l’auteur participe àune réunion sur les responsabilités du dictateur du Soudan dans les massacresdu Darfour. Après la réunion, Ziegler entendla représentante du Sri-Lanka  exprimer sa colère contre les représentantsde l’Union Européenne qui proposent une résolution contre le régime islamistedu Soudan ; la question est moins celle du Darfour que cette arrogance enversles peuples du Sud de la part de ceux qui oublient les crimes qu’ils ontcommis.

Autreanecdote tout aussi significative. En novembre 2006, l’armée israéliennebombarde Beit Hanoun, une ville palestinienne située au Nord de la bande deGaza , tuant dix-neuf personnes. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONUdécide d’envoyer à Gaza une commission d’enquête internationale. Devant lerefus israélien, la commission n’ira pas à Gaza et il n’y aura pas d’enquête.Les représentants de l’Union Européenne à l’ONU laisseront faire. En décembrede la même année, la Commission des droits de l’homme décide d’envoyer unecommission d’enquête au Darfour, le Soudan s’y opposera et la commissiond’enquête est bloquée. Explication donnée par le Soudan : si l’Etat d’Israëlrefuse une commission d’enquête, pourquoi le Soudan devrait-il l’accepter ?Cette fois-ci les représentants de l’Union Européenne protestent contrel’attitude soudanaise.

Onpeut continuer longtemps, l’Occident est prêt à condamner les crimes commis parles Etats du Sud mais refuse la condamnation des crimes commis par ceux de soncamp. On comprend alors pourquoi et comment se développe une haine del’Occident et c’est cette haine que l’ouvrage de Ziegler se proposed’expliquer. Comme le précise Antonio Guttierez, Haut-Commissaire des NationsUnies pour les réfugiés, "c’est la quittance pour l’Irak et la Palestine ".

Laprétention universaliste de l’Occident se joue à deux niveaux, d’une part lediscours sur les droits de l’homme, d’autre part la violence de sa dominationsur le monde qui s’est manifestée par la colonisation et aujourd’hui par lamondialisation capitaliste. Le discours sur les droits de l’homme disparaîtderrière la violence et c’est celle-ci qui provoque la haine. Ziegler distinguealors deux formes de haines, une haine pathologique telle celle manifestée parles attentats du 11 septembre et la nébuleuse Al Qaïda, une haine raisonnée quiest la réponse politique aux prétentions de l’Occident. Mais l’Occident est-ilcapable de distinguer ces deux types de haine ? C’est la question que l’on peutse poser à la lecture de l’ouvrage.

Parmiles raisons qui ont conduit à cette haine, "le retour de
la mémoire"et "l’affirmation identitaire". Les prétentions universalistes del’Occident conduisent à trier la mémoire, ce qui revient à occulter lesmultiples mémoires des victimes de l’oppression occidentales. Pour comprendrece retour de la mémoire et cette affirmation identitaire des victimes del’Occident, Ziegler renvoie à l’un des grands événements des années cinquantedu XXe siècle, la conférence de Bandung, laquelle fut l’un des grands lieuxd’expression des pays du Sud. La conférence de Bandung marque la volontéd’existence des pays du Sud contre les prétentions occidentales, volontéd’existence politique mais aussi volonté d’existence culturelle."L’oppresseur occidental est contesté au nom des mémoires ancestrales, desidentités, des cultures singulières des peuples du Sud" écrit Ziegler.

Deuxformes de cette oppression sont rappelées par l’auteur, l’esclavage et laconquête coloniale.

Latraite négrière est l’un des grands crimes de l’humanité, faut-il le rappeler.Si quelques Européens eurent conscience de ce crime, ils se heurtèrent auxintérêts économiques de ceux qui en profitaient. Et les révolutions des droitsde l’homme, l’américaine et la française qui marquent la seconde moitié duXVIIIe siècle ne mirent pas fin à la pratique de l’esclavage. Les pèresfondateurs de la démocratie américaine acceptaient l’esclavage, et si lesrévolutionnaires français mirent fin à l’esclavage en 1794, Bonaparte lerétablit en 1802, ajoutant une répression féroce à l’encontre de ceux quiosaient résister.

Laconquête coloniale ne fut pas seulement volonté d’assujettissement économique etpolitique, elle fut aussi destruction des cultures au nom de la prééminence dela culture occidentale et en cela elle participe du racisme.  Zieglerrappelle ensuite quelques uns des crimes perpétrés par les deux grandespuissances coloniales que furent la France et la Grande Bretagne .

Ilne faut alors pas s’étonner des réactions de la conférence mondiale contre leracisme qui s’est tenue à Durban en 2001, réactions qui se traduisent par uneexigence de repentance et de compensations des crimes occidentaux. Laconférence se déroulait en deux temps, une première conférence ouverte auxreprésentants de plus de trois mille organisations et mouvements sociaux nongouvernementaux issus des cinq continents et une seconde conférence réservéeaux chefs d’Etat. Dès la première conférence, le représentant des ONGafricaines Aloune Tine proclamait : "Nous exigeons que l’esclavage et lecolonialisme soient reconnus comme un double holocauste et crime contrel’humanité" et la conférence des chefs d’Etat reprenait ces exigences. Lesdélégations occidentales ne pouvaient supporter ni l’idée d’une justiceréparatrice ni la demande de repentance, et la délégation des Etats-Unisquittait la conférence. Cette forme d’autisme de l’Occident ne peut querenforcer la haine.

Pourtantl’exigence de justice reste d’autant plus forte que l’hégémonie occidentale esttoujours prégnante comme le rappelle l’actualité. La question ne se résume pasà un simple repentir pour un passé révolu et l’oppression continue sous laforme de la mondialisation, ce que Ziegler explique dans la seconde partie deson ouvrage. L’auteur distingue quatre moments de l’hégémonie occidentale,d’abord celui des conquêtes avec ce que l’on appelle les grandes découvertes,puis le temps du commerce triangulaire avec la traite, ensuite la mise en placedu système colonial, enfin l’actuel ordre du capital occidental globalisé quirègne aujourd’hui. L’auteur développe deux exemples pour illustrer la violenceexercée par l’Occident contre les pays du Sud, la destruction du marché africain du coton  et le chantage del’Union Européenne imposant un nouvel accord de partenariat économique auxpeuples des ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique).

Ilest vrai que des oligarchies financières puissantes se sont développées au Sud,mais ce développement, copiant le modèle occidental, ne participe pas audéveloppement des pays concernés, tout au plus permet-il le développement d’uneoligarchie sur le modèle occidental alors qu’une grande partie de la populationvit dans la misère et l’exploitation, comme le montre l’exemple de l’Inde et laChine. Tout en  étant concurrentes, les oligarchies qu’elles soientindiennes, chinoises ou occidentales sont solidaires et contribuent audéveloppement du capitalisme mondialisé et à l’exploitation des populations duSud, ce qui ne peut que renforcer la haine de l’Occident.

Quevient faire alors la Déclaration des droits de l’homme dans cette histoire ?Tout au plus un leurre comme le montre l’auteur et nous nous contenterons derenvoyer aux anecdotes citées ci-dessus. L’Occident si pointilleux lorsque lesdroits de l’homme sont bafoués dans les pays du Sud laisse faire quand cesmêmes droits sont bafoués chez lui ou dans des pays amis. On comprend alors queles droits de l’homme puissent être considérés par certains comme une machinede guerre occidentale. On peut y voir l’aboutissement extrême de la haine del’Occident, mais cet aboutissement, aussi discutable soit-il, est d’abord laconséquence du mépris occidental envers le Sud.

Loind’être un ouvrage manichéen reprenant le discours classique de trop de Blancsqui se complaisent dans l’autoflagellation, l’ouvrage de Ziegler, en analysant lavolonté hégémonique des puissances occidentales et le comportement méprisantenvers les pays du Sud, peut conduire le lecteur à comprendre comment cettehaine de l’Occident se met en place, première étape pour apprendre à résister àcette politique de domination, pour apprendre aussi combien il est nécessairede redonner la parole à la face claire de la pensée occidentale avant qu’il nesoit trop tard. 

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